Lecture zen Parmi les pièces exposées mi-décembre 2025 à Villers-Cotterêts, une assiette du service Capraire ayant appartenu à Napoléon Ier. Les organisateurs ont dû stopper en urgence cet événement. Une assiette « du service des Petites vues de France », datant du 19e siècle faisait partie des 300 pièces présentées à Villers-Cotterêts mi-décembre 2025. Repères Le 14 décembre 2025 , l’exposition « Sèvres Impérial et Royal s’invite à Villers-Cotterêts » a débuté au Pavillon Henri II. Prévue jusqu’au 18 janvier 2026 , elle a été prématurément arrêtée suite à l’interpellation du collectionneur versaillais ayant proposé les 300 pièces exposées. Ce collectionneur , prénommé Ghislain M., était l’un des trois mis en cause dans l’affaire du vol de vaisselles de l’Élysée. Il a comparu pour recel le 26 février 2026 devant le tribunal de Paris. Le jugement est attendu le 16 avril 2026. L’association organisatrice de l’événement, Les Amis du Pavillon Henri II, n’a pas été mise en cause dans cette affaire. « Vol à l’Élysée ». En décembre 2025, date des interpellations, et février 2026, suite au procès, l’affaire a fait les gros titres . Bien malgré elle, une petite association patrimoniale de Villers-Cotterêts, les Amis du pavillon Henri II se retrouve éclaboussée par ce dossier. L’exposition qu’elle a accueillie mi-décembre 2025 contenait probablement des pièces dérobées par l’argentier du palais présidentiel. Cette histoire étonnante débute au cœur du palais de l’Élysée. L’argentier en chef de la présidence de la République, chargé de la gestion de la vaisselle officielle a soustrait, sur une période d’environ deux ans, plus d’une centaine de pièces issues principalement de la manufacture nationale de Sèvres. Au début de l’année 2024, le compagnon de l’argentier, qui est antiquaire, prend contact avec un collectionneur versaillais passionné de porcelaine. Il s’agit de Ghislain M., qui proposera ses pièces pour l’exposition à Villers-Cotterêts bien plus tard. Une fois cette petite filière, fournisseur-revendeur-acheteur, en place, les assiettes, tasses et soucoupes classées quittent régulièrement le vaisselier de l’Élysée. Pour masquer les vols, l’inventaire officiel a été falsifié. D’après nos informations, Ghislain M. lors d’un concert organisé en 2025 à Villers-Cotterêts par l’association Les Amis du Pavillon Henri II a proposé d’exhiber une partie de sa collection, composée également d’œuvres acquises légalement. L’exposition « Sèvres Impérial et Royal s’invite à Villers-Cotterêts » a été alors mise en chantier, engendrant des frais pour l’association, notamment d’assurance pour les pièces déposées. Elle rassemblait des « productions destinées aux tables impériales et royales, s’étalant de 1763 avec un sucrier de Louis XV pour le château Versailles, jusqu’à 1870 avec le service Capraire de Napoléon III » , précise le dossier de presse de l’événement. Au total, une centaine de pièces de porcelaine de la célèbre manufacture et près de 300 au total en incluant argenterie et cristaux ont été positionnées soigneusement au sein du Pavillon Henri II , situé juste à côté de la cité de la langue française de Villers-Cotterêts. Une exposition annulée en moins d’une semaine Le vernissage de l’événement, en présence de Ghislain M., a eu lieu le samedi 13 décembre 2025. Le collectionneur ignorait probablement que les policiers seraient à la porte de son domicile francilien le lundi suivant. Lors des perquisitions, des assiettes dérobées à l’Élysée ont été retrouvées au milieu du reste de sa collection. Son avocat Maître Autain a déclaré à l’AFP (juste avant le procès quelques semaines plus tard) que son client « est un collectionneur passionné et le collectionneur passionné n’a parfois pas la raison qui devrait continuer à l’habiter » . Ce collectionneur « primo-délinquant » , a dépensé « 15.000 euros en deux ans » dans ces achats de pièces en provenance de l’Élysée. Le 19 décembre 2025, soit moins d’une semaine après le début de l’exposition de Villers-Cotterêts, les pièces situées au Pavillon Henri II étaient confiées aux enquêteurs La nouvelle de cette interpellation a fini par venir aux oreilles des organisateurs cotteréziens, mais jamais de façon officielle. Le 19 décembre 2025, soit moins d’une semaine après le début de l’exposition, les pièces situées au Pavillon Henri II étaient confiées aux enquêteurs. « Par mesure de précaution, l’association a pris la décision d’annuler sans délai cet événement afin de préserver l’intégrité, l’image et la crédibilité de ses actions. Elle tient à préciser qu’elle n’avait aucune connaissance en amont de cette situation, regrettable pour l’association et pour tous les bénévoles engagés dans ce projet » , a déclaré l’association des Amis du pavillon Henri II dans un communiqué publié le 19 décembre 2025. Une question reste en suspens « À la suite de cette déclaration, nous nous sommes spontanément tournés vers la gendarmerie de Villers-Cotterêts, leur exposant notre inquiétude. Les autorités ayant en charge l’affaire nous ont dit : « vous avez eu les bons réflexes », précisent les dirigeants de l’association. Ils soulignent enfin : « depuis le 19 décembre et pendant toute la durée de l’enquête, jamais, nous n’avons été contactés, d’aucune manière, ni par la justice, ni par les forces de l’ordre. » Néanmoins, les dirigeants sont toujours taraudés par une question : parmi les trésors exposés à Villers-Cotterêts, se trouve une assiette du service Capraire ayant appartenu à Napoléon I er . Est-ce une des assiettes de ce même grand service de table utilisé à l’Élysée et dérobée ? La question peut se poser pour cette pièce et toutes les autres. Nous avons sollicité l’avocat de Ghislain M., ainsi que le Parquet de Paris sur ce point. Aucun d’eux n’a donné suite à notre demande. Mis en ligne le 28/03/2026 à 06:00 Vols de vaisselles à l’Élysée : une association du Soissonnais mêlée à l’affaire malgré elle Par Julien Assailly L’association de Villers-Cotterêts les Amis du pavillon Henri II se retrouve liée à l’affaire de la vaisselle volée à l’Élysée, dans laquelle trois personnes ont été jugées fin février. L’un d’eux était le collectionneur ayant déposé des pièces pour une exposition en décembre 2025. L’association cotterézienne a été mise hors de cause.