Lecturezen Jonathan Holden, un industriel passionné par l’innovation. - G. Garitan 1er février 1906. La nouvelle circule à Reims. La santé du grand industriel anglais du textile Jonathan Holden s’est dégradée et plusieurs personnalités anticipent déjà sa nécrologie !Son concours à la mécanisation du peignage de la laine est patent. D’abord directeur du peignage de son oncle Isaac, situé rue des Moissons, il rompt avec l’entreprise familiale après la guerre de 1870 pour voler de ses propres ailes et contribuer à la révolution technologique qu’il juge indispensable pour se développer, augmenter son chiffre d’affaires et être respecté dans le milieu des entrepreneurs. Il fait bâtir deux unités de productions dont en 1880, l’usine dite des « nouveaux Anglais » qui ouvre ses portes boulevard Dauphinot. Il y emploie plus de mille salariés et a mis en place pour ses cadres venus d’outre-Manche des espaces réservés. Il rétribue même une institutrice anglaise pour faire l’école à leurs enfants.L’usine dite des « nouveaux Anglais », qui ouvre ses portes en 1880 boulevard Dauphinot à Reims, emploie plus de mille salariésDans ses nouveaux ateliers, il fait fonctionner la première peigneuse circulaire. Il défend une laine de qualité pour la fabrication de tissus à haute valeur ajoutée. Il teste de nouvelles méthodes pour garantir la pureté de la laine et éviter que les traitements opérés la ternissent ou la jaunissent. C’est l’une des raisons qui le décide à employer l’égrateronneuse Harmel, une machine qui change la donne. Il s’investit au sein du cartel des peigneurs mais n’hésite pas à le quitter en 1890 puis en 1902, lorsqu’il estime que ses homologues sont trop conservateurs et frileux et qu’ils manquent de conscience sociale.PhilanthropeIl manifeste un intérêt pour les équipements qu’il juge indispensable dans une ville moderne aussi, investit-il dans la construction de logements accessibles au plus grand nombre, la gestion des déchets et des eaux usées. Il stimule la formation professionnelle en ouvrant une section industrielle à l’école professionnelle municipale rémoise. Il favorise l’ascension sociale et ouvrant des cours de qualification de contremaîtres et chefs d’atelier. Il encourage le développement des transports en étant l’un des membres fondateurs de la Société des omnibus et petites voitures de Reims. Il propose le tracé de deux lignes d’accès à la ville depuis sa périphérie puis bientôt celui d’une troisième.Il encourage aussi la culture populaire et estime qu’en tant que chef d’entreprise il doit y contribuer. C’est ainsi que pour le 50e anniversaire du règne de la Reine Victoria en 1887, il demande à l’architecte Ernest Brunette de lui construire une bibliothèque municipale qui porte toujours son nom et se situe place Alfred-Brouette. Il est un fervent défenseur d’une ruralité accueillante et est séduit par les temps de repos à la campagne. C’est la raison pour laquelle il crée des fermes modèles autour de Hermonville, ce qui ne l’empêche pas de s’associer avec Lossy, à Rilly-la-Montagne, pour développer une maison de champagne ayant comme priorité l’exportation sur les marchés britanniques et américains.Holden s’éteint le 4 février 1906 et devient une figure de l’histoire économique rémoise. À lire aussi VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : Pontavert et l’inspection des masques Mis en ligne le 1/02/2026 à 05:01VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : Jonathan Holden, le génial peigneur Chaque dimanche, cette chronique permet de (re)découvrir un événement ou un personnage qui a marqué la région. Aujourd’hui Jonathan Holden. Cet industriel anglais du textile qui développe technologies et savoir-faire dans ses ateliers modernes de Reims pourvoyeurs d’emplois est aussi un bienfaiteur de la cité.Video
VIDÉO. « Hervé Chabaud nous raconte » : Jonathan Holden, le génial peigneur