Lecture zen Les magistrats se sont penchés sur une affaire de violences intrafamiliales. - Stéphanie Jayet Repères Un homme de 37 ans était jugé, jeudi 20 août dans le cadre d’une comparution immédiate au tribunal judiciaire de Châlons, pour violence sans incapacité sur un mineur de 15 ans par ascendant, et menace de mort réitérée. Le prévenu avait déjà été condamné pour violences sur conjoint. Les faits datent du 16 août au quartier Schmit. Le prévenu a été placé en détention provisoire le 18 août. De la violence tous azimuts. Dimanche 16 août, alors qu’il vient voir ses enfants chez son ex-compagne rue Lavoisier, dans le quartier Schmit, un homme s’en est pris à la voisine, l’insultant et la menaçant de mort. Les circonstances ne sont pas très claires, puisque les versions divergent. On sait en tout cas que le prévenu n’avait pas le droit rentrer en contact avec son ex ni de se présenter chez elle. Lors de la venue du père de famille, la voisine aurait récupéré deux des enfants du prévenu, âgés de 9 et 3 ans, pour les abriter chez elle. De plus, l’homme aurait attrapé sa belle-fille de 13 ans par les cheveux, pour la frapper au visage avec son genou. L’adolescente s’en sort avec un hématome à l’œil gauche et d’autres bleus sur le visage. Le prévenu présentait, à ce moment-là, 0,26 mg par litre d’air expiré. « Oui, j’ai menacé la voisine. Je n’ai même pas eu le temps de les voir qu’elle a tout de suite pris mes enfants avec elle ! s’énerve le prévenu, qui reproche à sa voisine de s’être mêlé de la situation. Les mots sont partis tout seuls. » Le coup donné à sa belle-fille ? « Je n’ai pas prêté attention. Je me suis énervé parce que la voisine était rentrée dans l’immeuble avec mes deux plus jeunes filles. Mais je n’ai pas frappé ma belle-fille. » Il admet seulement être « responsable involontairement » : « Ce n’était pas un coup volontaire, je n’ai pas voulu la frapper. Je sais que frapper ses enfants est puni par la justice. J’aime mes enfants, je pourrais crever pour eux. » La scène de violence s’est-elle déroulée dans le logement de l’ex ou à l’extérieur ? C’est aussi la question, puisque l’homme n’avait pas le droit d’entrer dans le logement. La question n’aura pas de vraie réponse. En tout cas, la voisine, ainsi qu’un autre locataire de l’immeuble, décrivent la même violence sur la belle-fille. Le prévenu, lui, parle de « complot » contre sa personne. « Je suis nerveux, c’est ma façon d’être » « Je suis quelqu’un de nerveux, c’est ma façon d’être. Je suis vraiment désolé d’avoir blessé ma belle-fille, déclare le prévenu à la barre. J’avais arrêté l’alcool, puis j’ai repris de façon festive. » « Des choses me font franchement peur, réagit Maître Zavaglia, avocat de l’Association d’accompagnement éducatif de la Marne (AAEM). L’adolescente est constante dans ses déclarations : elle a subi des violences. Elle dit qu’elle avait peur de son beau-père parce qu’il était en colère. Sans témoin, il n’y aurait pas eu de procédure d’enquête. » La procureure embraye sur cet argument : « Heureusement qu’il y avait des témoins, sinon on n’aurait pas eu connaissance des violences : cela serait resté dans le huis clos familial. Le prévenu dit que c’était de la faute de l’alcool, mais ne présentait pas un taux important : il avait conscience de ses actes. Les voisins n’ont pas de raison de lui en vouloir. Je pense qu’il y a un climat très violent dans ce foyer : je m’inquiète pour cet enfant qui subit des coups. Elle dit qu’elle a reçu un coup et les voisins disent la même chose. Le prévenu minimise les faits. » La parquetière réclame ainsi 16 mois de prison ferme, et la révocation d’un sursis probatoire à hauteur de quatre mois. « Ce n’est pas un monstre » L’avocate de la défense, Maître Hélène Marichal, dépeint un portrait plus avenant de son client : « Il n’a pas cherché à faire du mal volontairement à sa belle-fille. Il a besoin d’être recadré. Il s’est toujours occupé de ses enfants et il n’y a jamais eu d’incident, appuie-t-elle. Les menaces ont été proférées à l’encontre de la voisine, mais pas sur on ex, les enfants ou devant les enfants. Ce n’est pas un monstre. En quoi le mettre en prison va-t-il aider les enfants et la famille ? On peut lui donner une chance. » Le tribunal a déclaré le prévenu coupable, le condamnant à dix mois de prison, sans maintien en détention. De plus, son sursis probatoire est révoqué à hauteur de deux mois. Il pourra bénéficier d’un aménagement de peine, mais ne devra pas rentrer en contact avec la voisine pendant deux ans, à qui il devra verser 500 euros au titre du préjudice moral. Mis en ligne le 21/08/2026 à 06:21 Un homme condamné à de la prison ferme après avoir frappé sa belle-fille et menacé de mort sa voisine à Châlons-en-Champagne Par Kévin Monfils Le prévenu s’était présenté au domicile de son épouse, dont il est séparé. Il s’en est alors pris à sa voisine et a aussi blessé sa belle-fille de 13 ans au visage.
Un homme condamné à de la prison ferme après avoir frappé sa belle-fille et menacé de mort sa voisine à Châlons-en-Champagne