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Pourquoi les pompiers en colère réclament plus de moyens et de reconnaissance

Pourquoi les pompiers en colère réclament plus de moyens et de reconnaissance

Lecture zen Effectifs, conditions de travail, préservation de la qualité du service de secours à la population, revalorisation salariale : les revendications sont multiples en cette journée d’action. - Archives Ludivine Bleuzé-Martin Repères Dans les Ardennes : En 2025, le budget total du Sdis s’élevait à 36,8 millions d’euros. Pour 2026, le budget prévisionnel adopté en mars atteint 37,6 millions d’euros. Le Département assure à lui seul 43,78 % du financement, une participation qui a augmenté d’un million d’euros entre 2025 et 2026. Le coût moyen national est de 102 euros par habitant, dans les Ardennes, il est de 92 euros mais en 2025, les dépenses ont dépassé les recettes. Les interventions ont progressé de 6 % entre 2023 et 2024, puis encore de 7,5 % entre 2024 et 2025, accentuant cette pression financière. En 2025, le Sdis 08 comptait 1 350 volontaires ainsi que 150 sapeurs-pompiers professionnels. Dans la Marne : Le budget de 49 millions d’euros est assuré à moitié par le conseil départemental. Le chiffre est en hausse, il était de 48 millions en 2025 et 39,4 millions en 2019. La part versée par les communes et communautés de communes a augmenté d’environ 15 % ces cinq dernières années, celle du Département d’environ 35 %. Le département compte aujourd’hui cinquante centres de secours, dont cinq casernes, contre 155 centres communaux et intercommunaux en 2017. Les pompiers volontaires sont environ 1 500 auxquels s’ajoutent 434 professionnels. Le Sdis de la Marne a réalisé 35 000 interventions en 2025, dont la moitié à Reims et dans son agglomération, soit 17 % de plus qu’il y a dix ans. Dans l’Aisne : Le Département consacre une contribution record de 30,5 millions d’euros en 2026 au budget du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis 02) (contre 21,15 millions en 2021). Depuis 2021, le Département a consacré près de 160 millions d’euros au fonctionnement soit un soutien de plus de 44 %. Là aussi, l’activité opérationnelle a augmenté de plus de 10 % entre 2024 et 2025. Le département de l’Aisne (Sdis 02) compte 351 sapeurs-pompiers professionnels et 1 797 sapeurs-pompiers volontaires. Ce mardi 8 septembre 2026, les sapeurs-pompiers, surmobilisés cet été par les incendies tout en assurant le reste de leurs missions, débutent une période de grève qui devrait s’étendre jusqu’au 20 octobre, selon leur préavis. Selon la CGT des Ardennes, majoritaire avec 105 adhérents sur les 150 sapeurs-pompiers professionnels, le nombre d’interventions aurait augmenté de plus de 15 % à Charleville-Mézières et de plus de 20 % à Sedan en dix ans. À Charleville-Mézières, ils sont 63 pompiers professionnels. Un effectif jugé insuffisant par Emmanuel Méchin, secrétaire général CGT. « À Charleville-Mézières, seize pompiers sont présents quotidiennement ; il en faudrait trois ou quatre de plus pour assurer nos missions de manière confortable et surtout en toute sécurité ». La CGT 08 s’inscrit ainsi clairement dans les revendications nationales. Pour lui et ses homologues syndicaux, « il faut repenser le modèle des Sdis et revoir la copie de leur financement. Le 14 septembre, l’intersyndicale a rendez-vous avec le cabinet du ministre de l’Intérieur à ce sujet. » Piquet de grève dans l’Aisne ce mardi Emmanuel Méchin dénonce un retard qu’il faut « absolument combler en matière de reconnaissance des maladies professionnelles : trois types de cancer en France contre 20 à 30 dans les pays nordiques et anglo-saxons. » Selon lui, le mouvement de grève sera suivi car « les gens sont à bout ! » Mais pour autant, pas question de pénaliser la population : « Pour les Ardennais qui composeront le « 18 », nous interviendrons toujours puisque nous serons réquisitionnés ». Dans l’Aisne, une intersyndicale composée de la CGT, SNSPP-PATS, Syndicat Autonome, et CFE-CGC a décidé d’organiser un rassemblement, dès 9 heures ce mardi 8 septembre et toute la journée au rond-point près des locaux du service départemental d’incendie et de secours (Sdis). « On appelle la population à venir nous soutenir, nous rencontrer » , indique un syndicaliste du centre de secours de Laon. « On voudrait expliquer aux gens nos difficultés. On est des héros quand il y a des médias et après, on ne parle plus de nous ». « Ça joue sur la santé » L’intersyndicale axonaise porte des revendications multiples. La première concerne les effectifs. « Le budget a peut-être augmenté mais nous ne sommes pas plus nombreux et le nombre d’interventions augmente aussi. Cet été, il a fallu envoyer des renforts dans le sud et assurer les gardes chez nous. Ça joue sur la santé, les congés », explique un syndicaliste. Les sapeurs pompiers ont été particulièrement exposés aux chaleurs extrêmes durant les épisodes de canicule et d’incendies, sans possibilité de faire redescendre la température corporelle, les centres de secours axonais n’étant pas équipés de salle ou de chambres rafraîchies ou climatisées. « Il a fallu faire un registre hygiène et sécurité dans chaque caserne, l’équivalent d’un droit d’alerte pour obtenir quelque chose : une clim mobile au standard et trois ventilateurs par exemple à la caserne de Laon. » « Chaque département gère avec les moyens qu’il a, tout le monde n’a pas les mêmes règles » Benjamin Jesson , Secrétaire CGT Sdis 51 La question du financement des centres de secours et l’harmonisation des moyens et des pratiques d’un département à l’autre sont au cœur des revendications. « Les deux pompiers qui sont morts cet été en Gironde se trouvaient à deux dans le camion, explique Benjamin Jesson (secrétaire CGT du Sdis 51). Nous, dans la Marne, on ne se serait jamais engagé à deux pour un feu de forêt. Chaque département gère avec les moyens qu’il a, tout le monde n’a pas les mêmes règles, alors qu’on devrait parler d’une même voix. » Benjamin Jesson (à g.) et son collègue de la CGT Sdis 51 ont reçu le soutien de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, vendredi 4 septembre 2026 à la Foire de Châlons. Parmi les revendications nationales, les pompiers demandent notamment de faire contribuer davantage les assurances Aujourd’hui, celles-ci paient déjà une taxe (la TSCA) qui finance en partie les Départements. Les pompiers mobilisés demandent une participation plus directe basée sur les économies importantes que les pompiers leur font réaliser. « Nous prenons beaucoup de risques, on nous appelle quand des urgences ferment ou qu’il n’y a plus de médecin généraliste comme c’est arrivé cet été à Épernay, continue Benjamin Jesson. Je peux faire un ECG (électrocardiogramme) et administrer une dose d’adrénaline, mais je n’ai rien de plus pour ça. Nous sommes toujours en catégorie C. Les policiers, les pompiers de Paris et les aides-soignants sont en catégorie B, pas nous. Nous voulons de la reconnaissance. » À lire aussi Mobilisation sociale du 29 septembre : les pompiers seront en tête du cortège annonce Sophie Binet Enfin, les soldats du feu réclament qu’on embauche davantage de pompiers professionnels, notamment dans les centres où il n’y a que des pompiers volontaires, comme c’est le cas à Saint-Ménehould, Dormans ou encore Mourmelon. La CGT du Sdis 51 a déjà affrété deux bus pour se rendre à Paris, le 29 septembre, lors de la grande manifestation nationale pour les services publics, mais n’a pas prévu de piquet de grève d’ici là. Mis en ligne le 7/09/2026 à 20:03 Pourquoi les pompiers en colère réclament plus de moyens et de reconnaissance Par Corinne Lange , Ludivine Bleuzé-Martin , Isabelle Bernard Les pompiers entament ce mardi une mobilisation nationale de plus d’un mois. Ils réclament au gouvernement de remettre à plat le financement des Sdis, après un été où ils ont été en première ligne face aux incendies et au secours à personnes. Reportage