Lecture zen Les stations Total ont été dévalisées car elles proposaient des carburants à prix plafonnés. - Remi Wafflart C’est fini ! Ce mardi 7 avril 2026, les prix des carburants ne sont plus plafonnés dans les stations du groupe TotalEnergies. Cette disposition était en vigueur depuis le 12 mars dernier et a conduit de très nombreux usagers vers les pompes du groupe français. Au point que de nombreuses stations se sont retrouvées en rupture de stock au cours du week-end de Pâques. À la lumière des informations révélées par le très sérieux quotidien britannique Financial Times , on comprend que TotalEnergie n’a pas fait preuve de « générosité » en plafonnant ses prix. Il s’agissait d’une stratégie calculée et particulièrement rentable. Des achats multipliés par deux avant la crise En mars dernier, les négociants de TotalEnergies ont, selon le Financial Times, acheté massivement les cargaisons de pétrole brut destinées à être livrées en mai 2026. Cette « anticipation » a conduit le groupe à investir dans l’équivalent de 34 millions de barils , soit deux fois plus que ce qui avait été acheté en février. Cet or noir en provenance des Émirats arabes unis et d’Oman valait à l’époque 70 dollars le baril. Dans la perspective d’une fermeture du détroit d’Ormuz, TotalEnergies a parié sur l’augmentation des prix. À lire aussi Carburants : le gouvernement lance un « prêt flash » pour soutenir les petites entreprises Résultat : le groupe s’est retrouvé en position dominante et a rempli ses caisses. Le baril de pétrole brut de Dubaï a en effet atteint un niveau record historique à 170 dollars autour du 20 mars. Un milliard de dollars de profits en mars Comme le soulignent nos confrères de BFMTV , le groupe ne s’est pas contenté d’acheter du pétrole physique. Il a également utilisé des instruments financiers comme les contrats à terme, les options et les « swaps » pour amplifier ses gains et se protéger contre les risques. « Il s’agit potentiellement de la plus importante prise de position jamais réalisée dans l’histoire des marchés pétroliers », explique au quotidien britannique Adi Imsirovic, maître de conférences en systèmes énergétiques à l’université d’Oxford. Bilan de ces opérations : un milliard de dollars de profits dégagés en quelques semaines. À lire aussi Belgique, Luxembourg, Andorre... À quel prix sont les carburants dans les pays frontaliers de la France ? Pendant ce temps, sur le marché hexagonal, le groupe français annonçait un plafonnement des prix des carburants dans ses 3.300 stations-service. En vendant l’essence à 1,99 euro/L et le diesel à 2,09 €/L, l’énergéticien s’assurait d’être le mieux placé des divers distributeurs de carburant. En clair : il grillait la concurrence et s’assurait de réaliser de larges profits malgré un prix plafond. 81 millions d’euros de surprofits par jour Certains automobilistes y ont peut-être vu un beau geste de la part du pétrolier. Les résultats financiers d’avril montreront sans doute à quel point cela a surtout été très rentable. TotalEnergies n’est pas le seul groupe à sortir son épingle du jeu de cette crise mondiale des carburants. Le 1er avril dernier, Greenpeace Allemagne publiait un rapport qui montre que les compagnies pétrolières européennes réalisent 81,4 millions d’euros de surprofits par jour, soit 2,5 milliards d’euros pour le seul mois de mars. Mis en ligne le 7/04/2026 à 12:17 Plafonnement des prix des carburants et spéculation : comment TotalEnergies a engrangé des millions depuis le début de la crise au Moyen-Orient Par Stéphanie Verger Depuis près d’un mois, TotalEnergies plafonnait le prix de l’essence et du diesel dans ses stations-service. Une disposition qui prend fin aujourd’hui, après avoir fait gagner beaucoup d’argent au groupe français. On vous explique. Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) : Carburants Carburants