Lecture zen Après avoir vécu 10 ans à Madagascar, Janine Masy est revenue vivre à Sainte-Savine avec ses enfants. À 100 ans, elle vit toujours dans son appartement. Après avoir vécu 10 ans à Madagascar, Janine Masy est revenue vivre à Sainte-Savine avec ses enfants. À 100 ans, elle vit toujours dans son appartement. En France, les citoyens ont une nette préférence pour vieillir à leur domicile plutôt que dans une maison de retraite. C’est le choix de Janine Masy, née Defrance. Le 2 juillet dernier, elle a fêté son 100 e anniversaire chez elle à Sainte-Savine, entourée de ses proches. Au terme d’une vie atypique, émaillée d’épisodes douloureux, la vieille dame coule des jours sereins sous l’œil bienveillant des siens. Si la parole et l’esprit s’effacent peu à peu, la vieille dame se déplace sans difficulté dans son appartement du 1 er étage, où vivent avec elle Dany et Gérard, deux de ses enfants. À 11 ans, elle perd sa maman Elle naît à Troyes le 2 juillet 1926 et alors qu’elle n’a que 11 ans, sa mère décède des suites de maladie. Elle et sa petite sœur se retrouvent au cloître Saint-Martin-ès-Aires tandis que ses frères sont placés à l’orphelinat Audiffred. Outre les visites paternelles le dimanche, les enfants trouvent du réconfort auprès du révérend père Lafra, jésuite troyen qui consacra sa vie aux jeunes et aux défavorisés. Son certificat d’études en poche, elle passe trois ans à l’école ménagère à Reims. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Janine devient marraine de guerre puis se marie en 1945 à Troyes avec le lieutenant Ferdinand Masy, Français d’origine malgache. Puis, en 1947, la jeune épouse suit son mari à Madagascar. Avec eux, leur fils de 3 mois, Dany. Un vrai périple. Au terme d’un voyage d’un mois en paquebot, après avoir traversé le canal de Suez, la petite famille débarque enfin sur l’île. 10 ans à Madagascar Là, Ferdinand ne rechigne pas à la besogne et devient planteur de produits coloniaux (café, girofle, ananas, riz...). Tandis que Janine s’acclimate doucement, avec l’appui d’une famille malgache, au climat tropical. Un deuxième enfant, Gérard, agrandit le cercle familial. Mais l’issue d’une troisième grossesse sera moins heureuse : « Ma mère a été conduite à la maternité de Tamataveen en pirogue à travers les cascades. Mais là-bas, dans le village en brousse, elle a perdu mon frère jumeau Christian », raconte sa fille Lydia. Pas de répit pour la Française expatriée, dont le deuxième enfant, Gérard, est touché par une méningite aiguë. « Ce sont les femmes du village qui l’ont sauvé. Elles se relayaient jour et nuit pour remonter l’eau de la rivière avec de gros bambous pour imprégner les draps qu’elles enroulaient autour de corps de mon frère pour faire baisser la fièvre », relate sa fille. Retour à Sainte-Savine Des coups durs que Janine surmonte avec courage avant de donner naissance à Chantal, son 5 e enfant. Elle se plaît à Madagascar mais elle quitte l’île, au bout de 10 ans, pour fuir les maladies. Avec ses enfants, elle revient dans l’Aube, en 1957, et s’installe à Sainte-Savine. Pour faire vivre sa famille, elle travaille à l’hôtel-Dieu à Troyes, puis rejoint l’hôpital des Hauts-Clos, où, après avoir suivi des cours du soir, elle obtient son diplôme d’aide soignante. Un métier qu’elle exercera jusqu’à la retraite. Dévouée, elle continue de s’occuper de personnes âgées. À nouveau la vie lui joue un tour et sa fille Chantal, malade, meurt en 2015. Opérée du cœur en 2008, Janine est toujours debout. Un service d’aide à domicile intervient deux fois par semaine, et ses enfants veillent au quotidien sur elle. L’essentiel est de maintenir leur mère à son domicile « On prend le temps, on est aux petits soins pour maman. Dans un Ehpad, ça ne serait pas possible. Sans nous, elle ne serait plus là », souffle sa fille Lydia. Principale difficulté aujourd’hui, trouver un médecin traitant pour remplacer le précédent parti à la retraite. Mis en ligne le 23/08/2026 à 16:47 Janine Masy, centenaire et toujours chez elle à Sainte-Savine, une vie ponctuée d’épreuves mais toujours debout La vie de cette Savinienne n’a pas été un long fleuve tranquille. Malgré des coups durs, elle a fait preuve d’une grande résilience et a fêté le 2 juillet dernier ses 100 ans. Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) : troyes troyes