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Daniel Wargnier, 90 ans en Rouge et Blanc pour l’emblématique supporter du Stade de Reims

Daniel Wargnier, 90 ans en Rouge et Blanc pour l’emblématique supporter du Stade de Reims

Lecture zen « Salut Daniel, ça va ? Alors, le Stade ? » Son visage est reconnaissable entre mille et instantanément lié au Stade de Reims. Pas un jour ne passe sans qu’il ne soit interpellé dans la rue pour en parler. Daniel Wargnier est une personnalité dont la renommée dépasse largement les murs du stade Delaune. « Il y a beaucoup de gens qui me connaissent, je dis bonjour quand on me le dit, mais souvent je me demande : ‘’Bah, qui c’est celui-là ?’’ », rit cette figure notamment familière du marché de Noël, où il tient le stand du club chaque année. Et ils risquent d’être nombreux à l’aborder ce week-end en apprenant que le plus connu des fans rémois fête ses 90 ans ce samedi 17 octobre. Seuls cinq ans le séparent de l’âge de son club de cœur, celui de sa ville, qui a soufflé ses 95 bougies en 2026. Autant dire que l’homme à la moustache la plus célèbre de la cité des sacres a tout connu, des plus belles heures jusqu’aux plus difficiles, lui qui est tombé dans la marmite de potion stadiste quand il était petit. Au stade en costard « La première fois que je suis allé au stade, j’étais tout jeune, j’y allais avec mon oncle et un voisin, se remémore le natif du quartier Cernay. J’étais gamin, donc on ne peut pas encore dire supporter. J’estime qu’on l’est quand on a l’âge de raison, quand on sait ce qu’on veut. » Il n’a pas encore 20 printemps, le 13 juin 1956, quand le Stade de Reims dispute la première finale de la Ligue des champions de l’ histoire, perdue face au Real Madrid (3-4). « On gagnait 3-2 et on a perdu 4-3, mais c’étaient des bons souvenirs. On regardait ça à la télévision, mes parents l’avaient. À l’époque, ils ne jouaient pas toujours à Reims et on n’allait pas fréquemment au stade. Et de temps en temps, on faisait un déplacement. » Les premiers grands souvenirs d’une longue série mais, déjà, la certitude que le rouge et le blanc seraient les couleurs avec lesquelles « Dany » allait écrire sa vie. Même le jour du mariage de son fils, en 1984, quand il a dû s’éclipser pour aller soutenir ses favoris. « Personne ne savait que j’étais parti au stade, sourit le désormais nonagénaire. Quand je reviens, il vend la mèche en me disant : ‘’Alors papa, le résultat ?’’ Au stade, quand les copains m’ont vu arriver en costard-cravate, ils se sont dit que quelque chose n’allait pas ! » J’ouvre un tiroir ou un placard, c’est du Stade de Reims Pourtant, cette vie autour de l’institution champenoise aurait pu s’écrouler en même temps que cette dernière lors d’une saison 1991-1992 de funeste mémoire, quand le Stade de Reims a été contraint au dépôt de bilan. Ironie de l’histoire, c’est le jour de l’anniversaire de Daniel Wargnier, « le 17 octobre 1992 à 14 heures », se rappelle-t-il avec précision, que les trophées rémois sont vendus aux enchères à l’homme d’affaires Alain Afflelou. Le fidèle supporter va le traiter de « voleur », l’entrepreneur lui promet de les rendre, et le fera quelques mois plus tard pour un franc symbolique. Le président d’alors des Girondins de Bordeaux prend alors son stylo pour écrire à ce fan qui l’avait interpellé. « Il me marque : ‘’Je restitue les coupes du Stade de Reims, Afflelou’’, lit-il. J’ai la carte sous la main, là. » En déplacement avec les familles des joueurs Une pièce de collection parmi tant d’autres chez Daniel Wargnier. « J’ouvre un tiroir ou un placard, c’est du Stade de Reims. » Mais il ne laissera jamais un journaliste l’approcher. Il avait donné à sa femme sa parole de ne jamais en faire entrer un chez eux, et il s’y tient encore aujourd’hui. Qu’importe, on le croit volontiers quand le président du Groupement officiel des supporters narre ses meilleurs souvenirs, ceux de l’époque où il partait en déplacement avec les familles des joueurs (« Bianchi, Bertolino, Giannetta », énumère-t-il), ou quand il nous raconte sa souffrance au moment de la dernière descente en Ligue 2, en 2025. C’est d’ailleurs un lendemain de match de L2 contre Dijon, à Delaune, où il a donné le coup d’envoi fictif, qu’il célèbre donc ses 90 ans. « Heureusement que le match n’a pas eu lieu le 17, ça aurait été impossible d’y aller, ils m’auraient cloîtré », rigole l’habitué de la tribune Méano, qui fêtera ça avec, notamment, ses quatre enfants, sept petits-enfants et dix arrière-petits-enfants. Quant au Stade de Reims, nul doute qu’il lui ferait un beau cadeau en remontant en L1 en fin de saison. Histoire que Daniel réponde encore plus joyeusement quand on lui demandera : « Alors, le Stade ? » Mis en ligne le 17/10/2026 à 12:00 Daniel Wargnier, 90 ans en Rouge et Blanc pour l’emblématique supporter du Stade de Reims Par Loïc Bécart Il est sans doute le plus connu et reconnu des supporters rémois. Toujours présent à Delaune, aux entraînements ou encore lors de déplacements, Daniel Wargnier souffle ses 90 bougies ce samedi 17 octobre.